http://www.scribd.com/doc/24229624/La-soif-du-gain-de-Michael-Walzer
http://fr.wikipedia.org/wiki/Michael_Walzer
http://www.cairn.info/article.php?ID_ARTICLE=ECOPO_026_0149
Les pauvres, les membres des minorités raciales ou religieuses, les hommes et femmes non orthodoxes, ne partagent que de façon limitée les bonheurs de leur pays, supportent la charge du déclin économique, sont exclus des meilleures écoles et des meilleurs emplois et portent en eux, en tout lieu, le stigmate de l'échec.
Nous reproduisons ainsi les exclusions internes de l'ancien monde : certains membres de la communauté sont dominés, sans pouvoir, sans emploi, marginalisés. Nous ne savons pas exactement comment dénommer ces personnes : les dépossédés, le quart-monde, les populations défavorisées, les exclus, les démunis. Cette confusion relative à leur qualification reflète une gêne plus profonde concernant leur existence.
Extrait de la Préface d'Alexandre Lacroix: "Le 29 septembre 2008, à l’orée d’une crise financière et bancaire majeure, le philosophe américain Michael Walzer publiait dans la revue qu’il a fondée, Dissent, un article important, intitulé : « Une note sur l’avidité : qui est réellement responsable de la crise financière ? » L’argument de Walzer était simple, mais dévastateur : les politiques qui critiquent l’avidité des banquiers sont hypocrites, car c’est sur l’avidité que repose l’ensemble de notre système économique libéral, et cela dès ses fondements, qui remontent au XIXe siècle.
Quand la recherche du profit maximal est le seul dogme, le résultat ne peut qu’être le chaos. C’est pourquoi, à la « main invisible » du marché, Walzer préfère la « main visible » de l’Etat. Infatigable pourfendeur de la pensée libérale, Walzer prolonge et affine son analyse dans un autre article : « Qu’est-ce que « la Société Idéale » ? » Pour lui, le marché et la démocratie parlementaire ne sont pas les seuls modèles de société valables, car le monde n’est pas fait d’agents libres et autonomes, mais de communautés. Ces communautés inventent constamment de nouvelles organisations économiques et sociales. Plus encore : une société est d’autant meilleure qu’elle est faite de davantage de contrastes, qu’elle est plurielle. Aux Etats-Unis, Walzer est le maître à penser de l’école des « communautariens », qui s’opposent aux libéraux : on achèvera ce parcours de sa pensée par un article dense et important, « Exclusion, injustice et démocratie », dans lequel il défend l’idée qu’il faut passer aujourd’hui d’une logique de compétition et d’exclusion, à un dynamique sociale d’« inclusion » des communautés. Ces trois articles qu’on lira dans l’ordre, du plus incisif au plus théorique, offrent un nouveau visage à la pensée de gauche."
